Recherche

blogaëlle

Mois

juin 2012

Moi et toi

Moi et toi de Niccolò Ammaniti – Robert Laffont, 23 aout 2012.

Présentation de l’éditeur : Depuis toujours, Lorenzo est l’un de ces enfants que l’on dit « différent ». Selon le professeur Masburger, le psychiatre auquel il a été confié tout jeune, il souffre d’un sentiment hypertrophique de soi, un dérèglement narcissique, un « ego grandiose ». Conséquence logique : il est en perpétuelle inadéquation avec le groupe, et ce depuis son entrée à l’école. Ses parents s’en trouvent totalement démunis. Les années passant, de peur de chagriner une maman qu’il aime plus que tout, Lorenzo choisit alors la fiction. À quatorze ans, il fait semblant d’avoir des amis, de s’intégrer, de jouer dans l’équipe de football de son collège. Ainsi il parvient à la fois à la rassurer et à se prémunir de la violence que les adolescents testent sur les plus faibles.
Le jour ou il monte tout un stratagème pour faire croire qu’il a été invité à partir skier à Cortina avec trois camarades de classe, il vise au pur chef-d’œuvre mythomane. Mais, s’il s’est montré à la hauteur du défi – en préparant méthodiquement de quoi tenir un siège au fond d’une cave abandonnée –, il n’a pu cependant imaginer qu’une lointaine demi-sœur bousculerait tous ses plans. Émaciée, épuisée, en pleine crise de manque, elle pense, elle aussi, se dérober au regard des autres en se réfugiant justement dans cette cave. Cette cohabitation forcée, ce refuge de fortune qu’ils vont partager dans des conditions difficiles, fera voler en éclats les faux-semblants dont ils ont chacun paré leurs vies. Lorenzo apprendra qu’être nécessaire à la vie des autres donne le sentiment d’exister. Et, confrontée au regard de ce demi-frère inconnu, Olivia devra elle aussi se livrer à un examen de conscience pour se dévoiler. Entre eux, qui ont triomphé secrètement d’une terrible épreuve, se crée un lien indéfectible et se noue la promesse mutuelle d’un retour à la vie. Oui, mais…

Mon avis : j’ai découvert cet auteur italien avec ce roman. Pas vraiment séduite par le début, je me suis finalement laissée emporter par cette histoire. Le rapprochement entre Lorenzo et Olivia est vraiment touchant et très bien amené. Le huis-clos qui se crée dans cette cave les amène à se découvrir et à s’aimer, mais aussi à prendre conscience de leur propre existence tout en faisant confiance à l’autre. Un beau roman servit par une belle plume.

J’ai lu ce livre dans le cadre de l’opération On vous lit tout, organisée par Libfly et la librairie Le Furet du Nord. Une très belle opération qui permet de lire en avant-première les livres de la rentrée littéraire 2012.

Publicités

La voix du couteau

La voix du couteau (Le Chaos en marche – 1), de Patrick Ness – Gallimard, 2009.

Présentation de l’éditeur : C’est l’année de ses 13 ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d’hommes. Depuis longtemps, tous les enfants et les femmes en ont disparu. À Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais… Mais lorsque Todd découvre un lieu où le Bruit se tait, son univers bascule…
Extraordinaire, bouleversante, une quête de la vérité, de la liberté, de l’amour, portée par l’écriture originale de Patrick Ness. «La Voix du couteau», qui ouvre la trilogie du «Chaos en marche», a dès sa parution en 2008 en Grande-Bretagne, été acclamé par une critique unanime et, fait exceptionnel, reçu les deux prix littéraires les plus prestigieux.
-Prix Guardian 2008
-Booktrust Teenage Prize 2008

Mon avis : que ce fut douloureux pour moi d’entrer dans ce roman au début, de ne pas l’abandonner et le fermer définitivement. La syntaxe et le vocabulaire si particuliers du jeune héros Todd, ce Nouveau Monde si étrange, et ce fameux Bruit dont on sait si peu… Ce n’est qu’après avoir lu bien plus qu’une centaine de pages que je me suis finalement attachée à ces personnages et à leur mésaventure. Et la fin de ce livre m’a conquise… Mais que ce fut long et difficile d’arriver jusque-là. Je ne sais pas si j’aurai le « courage » de me lancer dans la lecture de la suite de cette trilogie…

Seuls 7

Seuls, La quatrième dimension et demie (tome 6) de Bruno Gazzotti (dessins) et Fabien Vehlmann (scénario) – Dupuis, juin 2012.

Présentation de l’éditeur : Suite à la véritable guerre de territoire à laquelle se sont livrés les deux clans rivaux, les enfants se sont enfoncés dans la zone rouge qui, elle-même, s’enfonce dans le sol. Trop tard pour faire demi-tour. Seule solution : trouver des parapentes dans un magasin de sports abandonné et sauter d’un immeuble assez haut pour s’envoler vers le sommet de la falaise. Ensuite, jeter des échelles de corde à ceux restés en bas. C’est en tout cas dans ce défi complètement fou que Dodji et Saul, les deux chefs de clan et ennemis intimes, vont se lancer. Mais le temps presse car les phénomènes inquiétants se multiplient auprès des autres enfants réfugiés au musée : enfant-mystère qu’on ne peut voir que dans les miroirs, enfants du clan précédemment enlevés qui reviennent, hébétés et le regard vide, vers leurs amis, brume au ras du sol qui cache des créatures rampantes et terrifiantes. Les cinq enfants n’en ont pas encore fini avec la sinistre zone rouge…

Mon avis : le problème avec cette série, c’est que les informations sont délivrées au compte gouttes. Que c’est dur de devoir attendre encore…

 

Marche ou rêve

Marche ou rêve de Laurel (scénario, dialogue, encrage et couleurs) et Elric (crayonné et lettrage) – Dargaud, 2011.

Présentation de l’éditeur : Quand Harold part pour une semaine de vacances en Bretagne, chez sa grand-mère, il est loin d’imaginer ce que ce séjour va lui réserver comme lot de surprises et de révélations. Si retourner chez sa grand-mère va immanquablement réveiller des souvenirs de sa relation difficile avec son père ; il ne soupçonne pas que ce dernier, perdu de vue depuis des années, vit désormais à quelques kilomètres du village. Il est revenu, avec une nouvelle femme et un fils, Alexandre, le demi-frère de Harold. Lorsque Harold promet à Claire, sur le quai de la gare, de l’appeler tous les jours, il ne s’attend pas à faire la rencontre de Pauline. Déstabilisé par la rencontre avec Alexandre, tout comme par celle avec Pauline ; Harold n’imagine pas à quel point cette semaine de vacances va le faire mûrir.

Mon avis : Marche ou rêve est une bd qui traite de manière un peu trop superficielle le passage de l’adolescence à l’âge adulte, et de nombreux autres thèmes. La psychologie d’Harold, le personnage principal, n’est pas assez poussée à mon goût. Mais la pudeur qui est découle est touchante. Le dessin n’est plus original, mais j’aime toujours ce style de trait et ces choix de couleurs dans les bd.

     

Front russe

Le Front russe de Jean-Claude Lalumière – Le Dilettante, 2010.

Présentation de l’éditeur : Le grain de sable, on croit le connaître, mais il peut prendre bien des aspects. Celui qui vient soudainement gripper la carrière de fonctionnaire diplomatique, benoîte et prévisible, du héros du Front russe, formé à l’exotisme par une lecture méticuleuse de Géo, adopte celle d’un attaché-case. Grande chose noire et anguleuse, cadeau de maman. À l’heure de l’entrée en fonctions, un chef de service vient y donner du genou. En découle une lésion au front assortie d’une mutation sèche, aux confins de l’empire, sur le « front russe », service voué au « pays en voie de création – section Europe de l’Est et Sibérie ». Usant de cette officine diplomatique (située dans le néo-XIIIe, « sorte de Broadway faussement high-tech ») comme base opérationnelle, notre homme va répondre à une rare vocation de gaffeur lunaire et de planificateur de catastrophes, plus désopilantes les unes que les autres, qui renforceront l’exil de notre homme sur le « front russe », entre Boutinot, le chef de service, Aline, fugace maîtresse et quelques collègues improbables. Notre homme, frustré dans son désir d’horizon (« J’avais l’impression d’être loin sans être ailleurs »), se résignera à ce bout de quai qu’est sa carrière de fonctionnaire (« Je vis et il ne se passe rien »). Mot de la fin, signé du même : « L’histoire d’une vie, c’est toujours l’histoire d’un échec ». Le livre, lui, est une vraie réussite… Rire garanti…

Mon avis : hormis l’épisode du pigeon mort, qui engendre un échange de mails savoureux et très typique de l’administration, je me suis terriblement ennuyée en lisant ce roman. J’ai détesté ce personnage déprimant et désespérant. Les nombreux retours sur son enfance rendent parfois la lecture encore plus lourde, mais l’auteur marque des points pour ce qui est de « raconter » des histoires. Je m’attendais à bien mieux aux vues des bonnes critiques lues et entendues. Mais ce fût pour moi une lecture sans grand intérêt…

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :