lettreravisseur

Lettre à mon ravisseur, de Lucy Christopher – Gallimard, collection Scripto, 2010.

Ça s’est passé comme çà. J’ai été volée dans un aéroport. Enlevée à tout ce que je connaissais, tout ce qui était ma vie. Parachutée dans le sable et la chaleur. Tu me voulais pour longtemps. Et tu voulais que je t’aime.
Ceci est mon histoire. Une histoire de survie. Une lettre de nulle part.

On entre très rapidement dans ce roman. Un aéroport. Une jeune fille (Gemma) rencontre un jeune homme (Ty). Un verre offert. Puis c’est le flou, et le grand départ vers nulle part. Gemma se réveille au milieu du bush australien, seule avec son kidnappeur. Commence alors un étrange huis clos, qui mêle confinement et séquestration avec l’immensité désertique ; la promiscuité entre une victime et son agresseur avec les grands espaces ; l’obscurité de l’intérieure de la maison (pour se protéger du soleil) avec les couleurs chaudes, rougeâtres du désert australien et de la peinture de Ty. J’ai été gênée au début par le côté épistolaire de ce roman, et par tous ces « je » et « tu ». Mais l’absence de chapitre m’a fait tourner ces pages de plus en plus vite, et tout comme Gemma, j’ai eu le sentiment d’avoir été frappée par le syndrome de Stockholm en m’attachant à ce personnage envoutant qu’est Ty. C’est un livre étrange, troublant, très troublant.

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