passeur

Le Passeur, de Lois Lowry – L’Ecole des loisirs, collection Medium, 1994.

Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n’existent pas. Les inégalités n’existent pas. la désobéissance et la révolte n’existent pas. L’harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveaux-nés inaptes sont « élargis », personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c’est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l’œil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d’une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. Jonas ne sait pas encore qu’il est unique. Un destin extraordinaire l’attend. Un destin qui peut le détruire.

Ce livre a reçu la Newberry Medal 1994, le Prix « Tam Tam »décerné par le salon du Livre de Jeunesse de Montreuil en 1994, le Prix « Lecture Jeunesse » en 1995, le « Prix des Jeunes Lecteurs organisé par la bibliothèque Municipale de Thorigny 1996 et le « Prix Farniente » 2001 (Belgique).

Jonas, en passe de devenir celui qui saura tout sur sa communauté et le monde qui l’entoure, semble au début accepter son « rôle », celui de devenir le prochain dépositaire de la mémoire. Mais au fil de son apprentissage, ce qu’il apprend grâce au passeur le trouble de plus en plus. Et le regard qu’il porte sur cette communauté va alors radicalement changer. Il a dorénavant tous les éléments pour se faire sa propre opinion, et prendre son destin en main. Ce qu’il fera est une grande preuve de courage mais aussi d’envie de liberté. Un très bon roman sur la transmission du savoir, et surtout ce qu’on en fait ensuite. C’est aussi un excellent roman d’anticipation, qui nous dépeint une société effrayante, aseptisée, sans couleurs, dénuée de toute liberté, dans laquelle ses habitants « vivent » dans la plus grande ignorance. A lire absolument (si ce n’est pas déjà fait !).

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