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juillet 2015

Et je danse aussi, de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat – Fleuve Editions, mars 2015.

danse

La vie nous rattrape souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait devenir son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets.

J’attendais beaucoup de ce roman écrit par deux grandes plumes, deux virtuoses de la littérature jeunesse. J’en attendais trop. Et est arrivé ce qui devait arriver : je suis relativement déçue par cette lecture. Ou plutôt déroutée, car je ne pensais pas que j’allais lire une romance née d’une correspondance entre les deux personnages principaux. Ce roman se lit bien, les auteurs sont à la hauteur en ce qui concerne l’écriture, qui est fluide et pleine de petits mots savoureux. Ces échanges de mails sont riches, ils ressemblent à de réelles lettres manuscrites. Il y par-ci par-là des longueurs, mais on patiente en lisant d’un oeil comme on peut écouter parfois d’une oreille. Mais, au final, ce ne fût pour moi rien de plus qu’une pseudo romance. Je me suis doutée de ce qui allait se produire, j’ai vu le dénouement arriver ; les mails m’ont semblé au fil des pages de moins en moins percutants, j’ai ressenti comme une désagréable lassitude qui s’installait. Mais cela reste un petit roman agréable à lire pendant les vacances.

Purgatoire des innocents, de Karine Giebel – Pocket, 2014.

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Je m’appelle Raphaël, j’ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où il pourra reprendre des forces. Je m’appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là… Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer. Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit…

Plonger dans un roman de Karine Giebel, c’est plonger dans un univers sombre, très sombre. Connaissant l’auteur, je n’ai pas été surprise. Mais ce qui m’a déroutée dans ce roman, c’est de voir comment chaque chapitre est devenu une surenchère dans la cruauté, la barbarie, le sordide et le glauque, au point d’en alourdir l’intrigue et de me dire souvent : « C’est trop ! ». Trop de violence et de tortures injustifiées, qui rendent l’intrigue improbable ; je ne pense pas que l’être humain puisse supporter de telles souffrances. Et je ne comprends pas, surtout, comment l’auteur arrive à imaginer une telle histoire. Alors oui, l’intrigue une fois posée donne envie de tourner les pages, pour enfin connaître le dénouement, et le vivre comme une délivrance. Mais il arrive un moment où cette lecture devient trop lourde, où je ne me sentais pas bien en lisant ces pages de plus en plus glauques. Et quelque part, je ressens comme une culpabilité d’avoir tenu jusqu’à la dernière page. Beaucoup trop d’horreur pour moi, cela m’a écœuré, dérangé. Un huis clos bien trop long, répétitif, dont je me suis lassée.

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