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Mois

février 2016

Travels of an Extraordinary Hamster, de Astrid Desbordes (texte) et Pauline Martin (dessin) – Gecko Press, 2015.

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A stunning and hilarious full-color early chapter book in graphic novel form. Hamster, self-centered and sarcastic, is determined to visit his cousins on the moon. His friends have a different idea.

Voici un album aux illustrations fines et merveilleusement colorées qui évoque de manière très habile la notion du « comment vivre ensemble » tout en étant différents. Ces adorables petits personnages, le hamster, la taupe, le hérisson, l’escargot, l’ours, le lapin et l’écureuil, doivent apprendre à cohabiter dans leur clairière. Et le contraste entre cet hamster, odieux et très égocentrique, et ces amis prévenants est saisissant.

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La coloc, de Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior, 2015.

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« Bon, la première chose que nous avons faite, quand nos parents ont tourné les talons, c’est de hurler – de joie, de soulagement. Nous étions tous les trois tendus – nous n’étions pas sûrs qu’ils iraient jusqu’au bout, nous étions convaincus qu’à un moment ou à un autre, ils allaient dire non, ce n’est pas possible, retourne à l’internat, reprends le bus, c’est une idée stupide, la colocation, à seize ans. » Quitter le cocon familial pour vivre en colocation: le rêve pour tout lycéen ! Pourtant, rien n’aurait pu a priori rapprocher Romain, Rémi et Maxime. Mais ce nouveau quotidien va bousculer leurs certitudes et les pousser à créer un improbable et détonnant trio…

Je ne compte plus les livres écrits par Jean-Philippe Blondel que j’ai lu. Et je ne vous redirai pas à nouveau ici tout le bien que je pense de cet auteur. Il est et reste l’un de mes auteurs français contemporains préférés, si ce n’est MON auteur préféré. La Coloc est un roman qui décrit  parfaitement l’adolescence, la quête d’identité et la recherche de l’indépendance. Les liens entre les personnages sont forts, touchants, et si réalistes. L’intrigue est relativement simple, mais, comme souvent chez cet auteur, très riche. On sent l’envie de rester optimiste quoi qu’il arrive ; les difficultés sont surmontées, les tensions avec les amis ou la famille s’apaisent, chaque jour permet de se construire (ou de se reconstruire), de devenir quelqu’un de bien (ou de meilleur) et cela toujours un peu grâce aux autres, à ceux qui croisent notre chemin. Encore un beau roman qui parle si bien de la vie. Merci Monsieur Blondel !

Autre romans déjà lus :
Double jeu
06H41
Brise glace
(Re)play!
G229
Le baby-sitter
Blog
Au rebond

Quand j’étais vivant, d’Estelle Nollet – Albin Michel, 2015.

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Ils sont quatre. Quatre à avoir vécu sur la même réserve africaine, à l’avoir vue se transformer d’éden touristique en lieu de massacre. Quatre à découvrir que ni l’amour ni l’amitié n’empêchent la violence et la trahison. Quatre à être liés pour l’éternité. Estelle Nollet, l’auteur de On ne boit pas les rats kangourous, excelle autant à décrire la vie sauvage, majestueuse et libre, que les détails précis, singuliers et impitoyables quand la bestialité et la vénalité surgissent. Une vision du monde crue et tonique, imprégnée de réalisme magique.

Première lecture dans le cadre de la Bibliothèque Orange 2016 (à laquelle je participe pour la toute première fois…, histoire de « compenser » un peu mon manque de livres en français…). Et on commence fort. Je ne m’y attendais pas. Ce livre est une claque ! J’ai pourtant eu du mal à entrer dans l’histoire. Une fois les quelques 100 premières pages lues (c’est le nombre maximum que je laisse à tout livre pour me séduire), on ne peut pas dire que cette lecture éveillait quoi que ce soit en moi. Et avec le recul, je ne comprends pas pourquoi. J’étais dès le début sensible aux nombreux et lourds sujets traités dans ce roman, mais (sans trop vouloir entrer dans les détails et en dire trop), j’étais perdue par le choix de construction de l’auteur. Je me demandais ce que pouvaient bien faire ensemble dans un même espace deux hommes, un enfant albinos et une éléphante ! Mais quand tout devient plus clair, alors, alors… on est happé par cette terrible histoire, où tant de choses fortes se mêlent : les massacres des éléphants, le trafic de l’ivoire, le trafic des albinos, tous motivés par l’argent. C’est si douloureux. Douloureux à lire, douloureux de découvrir des scènes probablement pas si romanesques que cela, douloureux de lire la cruauté humaine. Heureusement, parfois, il y a de jolis moments, forts en émotion, chez les humains, et, surtout, dans le monde animal, dans la réserve africaine. Mais, très vite, on revient à la dureté, à l’avidité, à la bassesse, et certains passages sont vraiment très poignants. Et quelle écriture ! Cinglante, minimaliste mais si efficace, imprégnée par cette belle Afrique. Un livre instructif qui milite pour de très belles causes, qui tendent toutes vers le respect, de tous, humains ET animaux. Un livre sublime à lire absolument !

Livre lu dans le cadre de la Bibliothèque Orange 2016. Ma note : 4/5.

Morceau choisi

« – Ah, parce que vous ne nous avez pas pris nos terres, vous ? Toi, ton père et tes… semblables ? Non, vous les Blancs, vous n’êtes jamais venus pour prendre ce qui ne vous appartenait pas, jamais, c’est bien ça ? Vous n’êtes pas venus exploiter les mines ? Vous n’êtes pas venus nous faire déguerpir de nos villages quand il s’agissait de créer des « réserves d’animaux » ? Réserves à fric, oui ! Vous n’êtes pas venus nous interdire de chasser alors que vous le faisiez ? Vous n’êtes pas venus placer à la tête de l’Etat des gars avec qui vous alliez pouvoir continuer de faire affaire ? La fin de la colonisation, tiens, la « fin » de la colonisation, parlons-en. Et aussi, bien sûr, vous n’êtes pas venus prendre des femmes qui ne vous appartenaient pas, les violer… (…) Mais vous, quand vous prenez ce qui ne vous appartient pas, personne ne vous punit. Moi, on me fout en prison pour de maudites antilopes. Ca vous paraît normal ? Hein ? Elles ne sont même pas à vous, les antilopes. Vous les nourrissez ? Non. Vous les mettez dans des enclos pour les protéger des prédateurs ? Non. Mais vous avez décrété qu’elles étaient vôtres, et que vous seuls auriez le droit de les chasser. Pour un paquet de pognon. » (p.137-138)

Les corps inutiles, de Delphine Bertholon – JC Lattès, 2015.

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Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle, lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue, par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural – même si elle n’en a pas encore conscience – va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher… À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés. Le roman déroule en alternance l’histoire de Clémence adolescente, hantée par cette agression dont elle n’a jamais osé parler à sa famille, et le récit de Clémence adulte, assumant tant bien que mal les conséquences, physiques et psychologiques, de son passé. Mais la vie, comme toujours, est pleine de surprises

Après une certaine hésitation, je pense que j’ai aimé ce roman. L’écriture est agréable, Clémence attachante, et le dénouement heureux. Le sujet du roman est certes très pesant mais jamais étouffant, car j’ai toujours ressenti pendant ma lecture comme un souffle d’espoir ; j’avais l’intime conviction que ces deux personnages qui ne sont qu’un (Clémence adolescente et Clémence adulte) passeraient cette dure et traumatisante épreuve.

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