Voici le livre que j’ai refermé définitivement avant la fin ce mois-ci, mais dont j’ai tout de même envie de garder une petite trace…

Tout cela, il fallait le brader. Tout. Une lampe de chevet qui avait du style au début des années 80, un cadre rouge en bois peint, une pile de magazines de cinéma, un cendrier en métal doré, un dictionnaire d’espagnol, un service à thé imitation japonais, des assiettes dépareillées, un bob bleu rayé de blanc, un gant de base-ball rapporté des États-Unis et même une paire de boucles d’oreilles, un robot ménager, un stylo plume à fines dorures et une couverture en laine jaune. Une douzaine de cartons de tailles diverses. Lorsque le mouvement s’est arrêté, j’étais en sueur, la tête me tournait, mes mains étaient grises et mes jambes cotonneuses. Il était trois heures du matin. Dans l’air, des particules de poussière restaient indécises, en suspension. Je ne me souvenais même plus des derniers objets que j’avais rangés – à un moment donné, j’avais perdu le contrôle, cette envie d’en découdre et de couper tous les ponts. J’ai jeté un coup d’oeil aux cartons empilés devant la montée d’escalier – mon minuscule inventaire. Un dimanche en province, lors d’un vide-grenier. Sur le stand 111, des objets changent de main. Et se mettent à raconter l’histoire de celui qui les vend, de ceux qui les prennent – une histoire qui nous ressemble.

Lu : 115/273 pages

 

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