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Wrinkles, de Paco Roca – Fantagraphics Books, 2016.

Retired bank manager Emilio, suffering from Alzheimer’s, is taken to an assisted living home by his son. Confused and disoriented by his new surroundings, he finds unexpected support in his roommate Miguel, a brash rogue and overconfident ladies’ man. Together, they employ clever tricks to keep the doctors from noticing Emilio’s ongoing deterioration — and keep him from being transferred to the dreaded confinement of the top floor of the facility. (“Better to die than to end up there.”) Their determination to stay active as individuals and maintain their dignity culminates in a nighttime escape and joyride and adds a dash of adventure to their otherwise tedious day-to-day routine. While for some residents, the home is a place to wind down their lives, for Emilio and Miguel it becomes, in a quirky way, a new beginning. With echoes of One Flew Over the Cuckoo’s Nest and Cocoon, Paco Roca squarely addresses the fears of growing old and isolated in a work infused with remarkable humor, humanity, and sensitivity. Wrinkles was adapted into an award-winning international animated film in 2011, with Martin Sheen and Matthew Modine voicing the main characters in the English version. Wrinkles swept all the top Spanish comics awards, including the National Comics Award and Best Spanish Comic Strip and won Italy’s Gran Guinigi Award. Paco Roca won the Goya Award for his screenplay adaptation for the animated film, in addition to other international awards for his work as a comics artist.

Un roman graphique très émouvant sur la maladie d’Alzheimer, sur la vieillesse et la solitude aussi. On suit l’évolution de cette terrible maladie à travers le personnage d’Emilio, qui intègre un jour la maison de retraite, alors qu’il se croit encore en activité. La dure réalité va le rattraper, petit à petit, avec des moments douloureux de clairvoyance parfois. Il est entouré et soutenu par Miguel, résident et camarade de chambrée. Tous deux refusent de se laisser aller, et cherchent la moindre occasion pour avoir le sentiment d’être encore vivants et surtout présents. Les planches et les dessins de Paco Roca reflètent une certaine douceur, comme un signe de respect envers nos anciens. A lire absolument !

  

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Tokyo underground (Otaku Blue 1), de Richard Marazano (scénario) et Malo Kerfriden (dessin) – Dargaud, 2012.

Tokyo. Aujourd’hui. Asami est étudiante en sociologie. Son sujet : les otaku, ces Japonais vivant pour ou par une passion unique. Elle les rencontre, les interviewe, elle dissèque leurs comportements… Au même moment, Kioshi Arakawa, inspecteur de la police métropolitaine, démarre une enquête sur des meurtres rituels de prostituées. Le tueur tranche et emporte à chaque fois une partie du corps de ses victimes… Otaku Blue une enquête double au plus profond des obsessions japonaises, en deux albums.

Il ne se passe pas grand chose dans ce premier tome. Les dessins ne sont pas époustouflants, pourtant la couverture avait fait son effet. En achevant ce tome 1, je ne ressens pas une énorme envie de connaître l’identité de ce Buntaro, et/ou celle du tueur en série. Je ne suis donc pas plus pressée que cela de me procurer le tome 2.

 

Ces rêves qu’on piétine, de Sébastien Spitzer – Les Editions de l’Observatoire, août 2017.

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets. Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille. Elle aurait pu le sauver. Elle s’appelle Magda Goebbels.

Je n’avais pas vraiment envie de lire un livre évoquant le nazisme, Magda Goebbels, et les terribles camps de concentration. Mais la curiosité m’a piqué, et je voulais moi aussi découvrir ce premier roman. Ce fut une lecture intéressant sur la Seconde Guerre Mondiale, car cette période tragique est ici abordée d’une manière différente : par un roman qui rend vivante l’Histoire. Mais au-delà de ça, je n’ai que moyennement apprécié cette lecture. En fait, son côté romancé de l’Histoire fût pour moi un point fort et un point faible. Quelle est la part de réel ? Celle imaginé par l’auteur ? Le fait d’alterner les points de vue entre la situation dans les camps (puis la fuite) et celle dans le bunker à Berlin devenait de plus en plus troublant, dérangeant pour moi au fil des pages. Le contraste est si saisissant entre les deux. J’avais le sentiment d’étouffer, partout. Comme un mal être grandissant. Et les derniers chapitres n’ont rien arrangé. Cette lecture m’a trop dérangé pour l’apprécier pleinement.

Ikigami, tome 7, de Motorô Mase – Kazé éditions, 2010.

 

Quand les Services sociaux envoient une inspectrice évaluer le travail de Fujimoto, le jeune fonctionnaire sent soudain sur ses épaules le poids de la suspicion étatique. Difficile alors pour lui d’être d’un quelconque secours aux deux jeunes hommes qui reçoivent cette fois l’Ikigami. Pour accepter leur destin amputé, ils vont devoir trouver la paix dans leur passion, face au regard des autres et malgré le temps qui passe trop vite… Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ?

Je reprends cette série Ikigami après l’avoir « abandonné » au tome 6 en 2010… Les évènements sont toujours un peu redondants malheureusement, et l’intrigue principale avance bien trop lentement. Cependant, le thème du regret, largement abordé dans ce tome 7, est bien traité, et les deux personnages qui reçoivent le fameux ikigami sont touchants. J’irai peut-être au bout de cette série. Encore trois tomes…

 

Point cardinal, de Léonor de Récondo – Sabine Wespieser Editeur, août 2017.

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture. Il s’apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s’est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu’ils ont bâti ensemble. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il est une femme. Reste à convaincre ceux qu’il aime de l’accepter. La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides et d’une poignante justesse, elle trace le difficile parcours d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière. Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

J’attendais avec impatience la parution du dernier roman de Léonor de Récondo. J’ai découvert cette auteur avec Amours, une révélation. J’ai lu il y a peu Pietra viva, une petite déception. Mais voilà, avec Point cardinal, Léonor de Récondo fait sa grande entrée dans MES auteurs préférés, ceux dont je suis toutes les parutions, ceux dont je veux tout lire. Après seulement trois romans. Et donc deux gros coups de coeur. Car oui, Point cardinal est un coup de coeur. Tout comme Amours, il m’est assez difficile d’en parler ; je sais d’avance que mes mots ne seront jamais à la hauteur de ce que j’ai ressenti pendant cette lecture. L’écriture est tellement parfaite et pleine de finesse. Les mots sont si délicats, justes, tous posés au bon endroit, au bon moment. Il n’y a rien de trop, ni rien qui manque, c’est un dosage parfait, minutieux. L’histoire de Laurent et sa famille est très émouvante, forte, et tellement pleine d’humanité. J’ai quitté tous ses personnages avec regret. Un très beau roman. Un grand merci à vous, Léonor de Récondo.

Sharko, de Franck Thilliez – Editions Fleuve (Noir), 2017.

« Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse. Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élancent à la poursuite du gibier. À la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. » Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons. Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.

Ah, enfin ! Quel immense bonheur de retrouver le Franck Thilliez que j’aime, un de mes auteurs français préférés. Déçue par les deux derniers romans de cet auteur que j’ai lu (mais pas « ses » deux derniers publiés), j’étais pleine d’espoir en achetant ce Sharko. J’avais entendu juste ce qu’il fallait pour me dire que j’allais savourer ma lecture. Et oui, ce fut le cas ! Dès les premières pages, voire même les premières lignes. Quelle intrigue captivante, complexe, fournie et sombre ! Lire et voir tous ces petits éléments se relier pour former un tel puzzle, j’ai adoré. Le rythme est impressionnant, les personnages sous tension. Petit bémol : je trouve encore que la fin est un peu rapide, bâclée, et qu’elle tend vers la démesure. Mais allez savoir pourquoi, cette fois, cela ne me pose aucun problème ! Le livre m’a apporté un très bon moment de lecture, avant la fin j’avais eu ce que je voulais. Une meilleure fin, plus aboutie, aurait été LA cerise sur le gâteau de ce Sharko passionnant. A lire absolument !

Pietra viva, de Léonor de Récondo – Points, collection Grands romans, 2015.

Michelangelo s’est réfugié dans les carrières de Carrare. Loin de Rome et du corps mort d’Andrea, moine dont la beauté le fascinait. En ce printemps 1505, le célèbre artiste doit choisir les marbres du futur tombeau du pape. Arrogant et tourmenté, il s’étourdit de travail. Au fil des jours et des rencontres, le sculpteur comprend que toutes les réponses ne se trouvent pas au cœur de la pierre…

J’ai retrouvé avec un immense plaisir la belle plume de Léonor de Réconda. Quel bonheur de lire cet auteur que j’ai découvert avec Amours (énorme coup de coeur). Cependant, j’ai été bien moins passionnée par l’intrigue de ce roman. Je n’arrivais pas à me convaincre que je lisais un roman et non une biographie de Michelangelo, et cela m’a profondément gêné pour apprécier pleinement cette lecture.

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