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Un endroit où se cacher, de Joyce Carol Oates- Albin Michel, collection Wiz, 2010.

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Avant, j’étais une fille normale, j’avais une vie normale. Après, il y a eu l’accident. En me réveillant, j’ai tout vu en bleu. J’étais dans le coton. Un monde douillet et bleu. Mais maintenant, le bleu s’efface, le douillet s’envole. Et je suis seule à nouveau. En colère. Contre moi. Contre l’univers tout entier. Je cherche un endroit où me cacher.

Jamais vraiment entrée dans cette histoire, je garderai peu de souvenirs de cette lecture, juste un petit nuage (bleu), un peu invisible, parfois transparent, comme un roman moyennement bien écrit, avec des personnages peu attachants, une intrigue au sujet intéressant mais dont le traitement ne m’a pas du tout séduite. Dommage.

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Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal – Folio, 2014.

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« Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ». « Réparer les vivants » est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Lire ce roman fut pour moi très pénible. L’intrigue et le sujet sont servis par une écriture si difficile à lire, avec ces phrases longues, si longues (jusqu’à une page entière tout de même), que j’ai eu la désagréable impression de lire ce roman à bout de souffle, comme si je manquais d’air ; arrivé au point final de la phase, parfois on ne sait plus comment elle a commencé. Et à force de devoir supporter ces longueurs, ces descriptions à n’en plus finir, l’intérêt pour l’intrigue finit par s’effilocher, on s’éloigne du sujet principal. Et c’est bien dommage. On ressent parfois une certaine émotion. Mais le trop plein de descriptions médicales et techniques atténue cette émotivité. Encore un livre dont je ne comprends pas le succès…

La chambre des morts, de Franck Thilliez – Pocket, 2006.

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Imaginez… Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d’éoliennes désert. Soudain le choc, d’une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. A ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d’euros, à portée de la main. Que feriez-vous ? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi. L’amitié a parfois le goût du sang : désormais le pire de leur cauchemar a un nom… La Bête.

Oui, l’intrigue est bonne et bien ficelée. Oui, le suspense est bien présent. Oui, je suis allée jusqu’au bout. Mais, pourtant, je ne peux pas dire que j’ai aimé ce thriller de Thilliez. Trop glauque pour moi. Des lourdeurs. Une fin bâclée. Une plume moins aboutie que dans ses autres romans, celui-ci étant son deuxième. Mais j’ai enfin fait connaissance avec l’intrigante Henebelle, un des personnages récurrents de l’auteur que je retrouverai bientôt dans un autre de ses romans. Et Franck Thilliez reste, encore et malgré tout, un de mes auteurs de frissons à la française préférés. Je pense que si je l’avais lu au moment de sa sortie, mon avis aurait été tout autre.

Déjà lus du même auteur : La forêt des ombres, Fractures et Vertige.

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils, de Jacques Expert – Le Livre de Poche, 2011.

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Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine durant des mois, il en vient à découvrir qui est le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin, et son épouse-, se joue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir?

J’ai découvert Jacques Expert avec Adieu, dont il me reste un bilan de lecture mitigé. J’ai bien plus apprécié ce roman. J’ai adoré cette narration à quatre voix : parfaite, précise, très harmonieuse (le passage d’un narrateur à l’autre m’a rarement paru si doux), bref, elle apporte beaucoup à l’intrigue. Le scénario est très bien ficelé. J’ai dévoré ce livre rapidement. Le dénouement est très bon aussi. Ouvert, certes, mais c’est ce qui le rend efficace je trouve. Je me suis énormément attachée aux deux personnages féminins : Sylvia, bouleversante et forte ; Christine, dont j’admire le courage de rester vivre aux côtés d’une ordure pareil, mais que j’ai trouvé un peu lâche à la fin. Les deux hommes sont des personnages assez riches également, mais ce Jean-Pierre est vraiment le genre de personnage odieux que l’on déteste et qui dégoute du début à la fin. Un bon petit polar français, à lire absolument !

Juste avant le bonheur, de Agnès Ledig – Albin Michel, 2013.

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Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui sourire. Ému par leur situation, un homme les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Tant de générosité après des années de galère : Julie reste méfiante, elle n’a pas l’habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend…

Merci beaucoup Christine pour ce nouveau prêt !

Dans Juste avant le bonheur, on se retrouve face à une histoire touchante, bouleversante, parfois triste, parfois difficile à lire, mais une histoire qui tend tout de même vers l’espoir. Cependant, mon bilan est ambivalent… J’ai été très touchée par l’intrigue, mais pas vraiment (et c’est étrange en y pensant) par les personnages, tous pourtant très bienveillants. Pour tenter de résumer mon ressenti à la fin de cette lecture, j’hésite entre le trop-de-bons-sentiments-pour-être-honnête-et-crédible, et le juste-bon-dosage-pour-émouvoir-sans-tomber-dans-la-mièvrerie. Etrange sentiment donc… Ce livre est presque un coup de coeur, si je n’avais pas lu d’autres livres de cet auteur avant…

Les gens heureux lisent et boivent du café, de Agnès Martin-Lugand – Pocket, mai 2014.

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« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »
Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule. Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

Une jolie couverture et un petit roman sans prétention qui se lit vite, avec pour thème principal le deuil et comment se reconstruire après la disparition d’êtres chers. L’écriture est un peu simple, et l’histoire légère, car Diane s’en sort relativement bien (et rapidement) face à cette terrible épreuve. Tant mieux pour elle ! La rencontre avec Edward est improbable mais finalement tellement prévisible que cette histoire me laisse un léger petit goût sans saveur. Mais j’ai tout de même apprécié cette lecture, car j’aime beaucoup ce genre d’intrigue avec des personnages malmenés par la vie. L’écriture n’était pas au rendez-vous, la richesse des personnages non plus, mais ce roman mérite d’être lu pourtant.

Pars avec lui, de Agnès Ledig – Albin Michel, octobre 2014.

PARS_AVEC_LUI_couv.inddIl y a Roméo, pompier professionnel qui chute très gravement en sauvant la vie d’un enfant. Il y a Juliette, l’infirmière du service de réa où il va tenter de recoller les mille morceaux de son corps et de son coeur. Ils souffrent tous les deux. Roméo de ne plus pouvoir s’occuper de Vanessa, sa petite soeur adolescente, rebelle et fragile. Juliette, d’éprouver des difficultés à concevoir un enfant, dont le désir est plus fort que tout, malgré un compagnon humiliant et violent. Il y a aussi Guillaume, un collègue infirmier en quête d’équilibre. Et puis Malou, la grand-mère de Juliette, qui, à quatre vingt- quatre ans, ne croit plus au hasard depuis bien longtemps. Cette rencontre accidentelle pourrait bien bouleverser le destin de tous ces personnages dont les chemins se croisent et s’éloignent sans jamais se perdre. Puisque c’est d’amour dont il s’agit. Une histoire de vie où des personnages d’une extrême vérité cherchent à se délivrer d’un passé douloureux, trouvent dans le présent et les liens humains les remèdes aux peines de l’existence, et nous enseignent qu’être heureux, c’est regarder où l’on va, et non d’où l’on vient.

Merci beaucoup Caroline pour ce livre-cadeau !

Ce roman ressemble à un roman de Gavalda (notamment Ensemble c’est tout), avec une touche plus dure de par les thèmes abordés : les violences conjugales (Laurent est un mec odieux), le harcèlement moral, les accidents, les difficultés à avoir un enfant, les traitements, les fausses couches… Mais pour moi c’est un gros coup de cœur tout de même. J’ai certes déjà lu ce genre de roman, ce genre d’histoire avec des personnages perdus, au bout du bout, que l’on regarde de loin chuter encore un peu plus, puis se relever finalement. Ce genre de roman avec des personnages auxquels on s’attache immédiatement et qui cumulent les difficultés, les obstacles, les problèmes, les combats à mener. Je pensais très souvent à eux quand je ne lisais pas, et cela ne m’est pas arrivé à ce point depuis longtemps. On peut trouver parfois que l’auteur en fait trop, que le sort s’acharne de manière démesurée et écœurante sur les personnages. Parfois on s’attend même à certaines réactions, à certains évènements dans les pages suivantes, et tout se passe bien comme on l’avait pressenti. Mais, malgré tout, j’ai lu, j’ai bu chaque mot, chaque phrase de ce roman qui nous décrit des existences bousculées, malmenées. Un grand roman qui donne encore plus envie de profiter de chaque instant. A lire absolument !

« Si on ne peut pas revenir en arrière, on peut au moins composer avec le présent pour que les instants suivants soient meilleurs. » (p.348)

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