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Le voyant, de Jérôme Garcin – Gallimard, 2015.

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Le visage en sang, Jacques hurle: « Mes yeux! Où sont mes yeux? » Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d’azur, de lilas et de muguet, il entre dans l’obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs. Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient «The Blind Hero of the French Resistance». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans. Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

Je ne connaissais pas du tout ce grand homme que fut Jacques Lusseyran. Ce livre m’aura permis d’en apprendre beaucoup sur lui et sur sa vie, riche, dure, et si touchante. Un homme fort, avec sa part d’ombre, mais dont le courage est impressionnant. Une belle et émouvante leçon de vie ! Petits bémols : l’écriture trop pompeuse de l’auteur, et le sentiment que ce dernier transpose dans son livre plus l’image de son père idolatré que celle de ce réel héros de notre Histoire.

Livre lu dans le cadre de la Bibliothèque Orange 2016. Ma note : 3/5.

Morceau choisi

« Ainsi donc, du camp de Buchenwald, un homme sans regard, si maigre qu’il semble flotter dans sa tenue rayée et puis s’y noyer, a pu écrire :  » J’ai appris ici à aimer la vie. » Même si l’on en comprends le sens – il a appris ici à refuser de mourir, à se battre pour survivre -, cette phrase n’a pas d’équivalent dans toute la littérature concentrationnaire. Elle explose, comme une bombe, à la tête de tous les bourreaux. Elle les tue. » (p.108)

Miss Peregrine’s home for peculiar children (The graphic novel), by Ransom Riggs (story) and Cassandra Jean (art) – Yen Press, 2013.

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Ransom Riggs’s haunting fantasy bestseller adapted to a graphic novel!
As our story opens, a horrific family tragedy sets sixteen-year-old Jacob journeying to a remote island off the coast of Wales, where he discovers the crumbling ruins of Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children. As Jacob explores its abandoned bedrooms and hallways, it becomes clear that the children were more than just peculiar. They may have been dangerous. They may have been quarantined on a deserted island for good reason. And somehow-impossible though it seems-they may still be alive.

Un mélange de réel et de fantastique assez réussi. Les dessins ne sont pas trop à mon goût, mais la colorisation est bonne et efficace. Cette lecture fût une petite mise en bouche avant de lire le roman de Ransom Riggs…

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Sept psychopathes, de Fabien Vehlmann (scénario) et Sean Phillips (dessin) – Delcourt, 2007.

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Londres,1941. Un colonel de l’armée anglaise reçoit une proposition hors du commun : recruter 7 détraqués, choisis parmi les pensionnaires des asiles psychiatriques, pour former un commando chargé d’assassiner Hitler ! Ces psychopathes sont si imprévisibles, leurs raisonnements si déroutants, que l’ennemi ne parviendra jamais à anticiper leurs agissements ou leur tactique. Winston Churchill en personne ayant donné son accord, le groupe est parachuté sans délai au-dessus de l’Allemagne…

 

La série des 7 est une série originale, (mais elle n’est pas/plus la seule) qui propose à chaque tome un scénariste et un dessinateur différents. Je viens d’en lire le premier tome de la première saison. Bilan : bof bof. L’idée de recruter des personnes bien tarées pour aller zigouiller Hitler était bonne. Le fait que les choses ne se passent pas comme prévu avec ces 7 psychopathes, aussi. Mais je trouve que le scénario est relativement léger toutefois, on survole un peu tout : l’Histoire, l’histoire, les personnages. Le dénouement est un peu surprenant (et surtout flippant), mais pour le reste rien de particulier qui me restera en mémoire longtemps. Côté dessin, je n’ai pas aimé, mise à part la colorisation.

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Charlotte, de David Foenkinos – Gallimard, 2013.

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Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant: « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

En choisissant une forme originale d’écriture (une phrase courte par ligne), l’auteur a cru faire oublier au lecteur la pauvreté du fond. Car au final, Foenkinos n’a pas écrit grand-chose. Ni en quantité. Ni en qualité. L’idée de parler de Charlotte Salomon était très bonne, encore eut-il fallu parler réellement de sa peinture et de son oeuvre. L’auteur évoque souvent son émotion trop forte pour justifier le style d’écriture utilisé dans ce roman ; je trouve malheureusement que l’émotion fait cruellement défaut par son absence. Foenkinos de donne rien, n’explique rien. Et les nombreuses mentions de ses recherches n’apportent aucun intérêt au roman. Mais la courte vie de Charlotte Salomon étant ce qu’elle fût, je suis allée au bout de ce roman. Le livre est émouvant, certes, mais il le doit plus au sujet abordé qu’à la plume de l’auteur. Mon premier Foenkinos… Une première rencontre qui ne me donne pas vraiment envie de relire cet auteur dans l’immédiat.

Le confident, de Hélène Grémillon – Folio, mars 2014.

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Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Le Confident est pour moi le genre de livre dont il est difficile de parler de manière claire et tranchée. Ce genre de livre où je me retrouve vraiment dans un entre deux, une dualité entre j’aime/je n’aime pas.
Côté positif, ce roman aura eu le grand mérite de me réconcilier avec le style épistolaire (je faisais un blocage depuis ma lecture du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates). Ensuite, l’intrigue est tellement énorme qu’elle a fini par me happer et me donner envie de terminer ce livre. Enfin, j’ai aimé ce traitement du thème de la maternité, qui conduit les personnages dans des destins très tourmentés, frisant la folie pour certains.
Côté négatif, l’écriture, principalement, qui cherche à être compliquée, mais sans y parvenir ; une écriture inégale tout au long du roman (parfois recherchée, parfois très simpliste), qui rend la lecture assez troublante ; de nombreux détails qui apportent une certaine lourdeur à l’intrigue ; un récit déconstruit qui donne la désagréable impression que l’auteur a commencé son écriture par la fin. Il y a aussi les personnages, bien trop fades malgré les thèmes abordés. Et pour finir, un dénouement si invraisemblable que j’ai bien du mal à y adhérer.
Impossible donc pour moi de trancher, et je n’aime pas cela…

Cézembre (première partie), de Nicolas Malfin – Dupuis, collection Air Libre, 2012.

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Saint Malo, août 1944 : alors que gronde la rumeur du débarquement américain, dont les troupes avancent inexorablement, combattant une armée allemande de plus en plus proche de la débâcle, le jeune Erwan, 18 ans, ronge son frein. Témoin de la mort de son père et de son oncle, victimes de soldats allemands, il rêve de rejoindre la résistance alors que couve le combat pour la libération de la cité. Seule la volonté de son grand-père, farouchement opposé à le voir risquer sa vie, le retient de franchir le pas. Mais lorsque l’un de ses meilleurs amis se fait tuer après être tombé dans une embuscade allemande, et qu’il apparaît que le responsable direct n’est autre qu’un de leurs amis d’enfance, il décide de se jeter dans la mêlée, à la veille de la bataille qui décidera du sort de Saint-Malo, et de sa libération. Un récit de guerre qui s’intéresse à un épisode intense et décisif de la libération, à travers la destinée de quatre adolescents pris dans le chaos de la guerre.

 

Je me suis lancée dans la lecture de ce premier tome (pour lequel je me souviens avoir totalement craquée en librairie sur sa couverture), en sachant que je faisais une belle erreur, car je n’ai pas la deuxième partie… Mais mon stock de « bd à lire » s’amenuise, et je me suis promise de ne rien acheter avant de les avoir toutes lues ! et donc je me retrouve dans de drôles de situations, comme lire un tome sans avoir la suite (ce qui est rarement mon habitude). bref, tout cela pour dire que je vais devoir patienter avant de retrouver ewan et tous ces personnages attachants, cette intrigue passionnante, cette histoire de saint-malo sous occupation allemande, et ce graphisme travaillé, ce dessin précis, ces couleurs ! J’ai tout aimé dans cézembre, et pas seulement parce que je suis bretonne ! un véritable coup de cœur, dès le premier tome !

 

 

 

 

Sherman (tome 6)

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Sherman, tome 6 : Le pardon. Jeannie, scénario de Stephen Desberg, dessin de Griffo – Éditions du Lombard, collection Troisième vague, 2012.

C’est la fin du parcours que le mystérieux ennemi de Jay Sherman a prévu pour lui ! Il a perdu ses biens, sa maison et son fils, et la dernière sur la liste est Jeannie, sa fille. Jeannie qu’il n’a plus revue depuis la seconde guerre mondiale, après qu’elle a disparu au sein des services secrets, outrée par les malversations de Jay. Et pourtant, ce dernier n’avait agi que pour la protéger. Aura-t-elle compris ce dernier point ? Viendra-t-elle sauver un père repentant dont elle incarne le dernier espoir… ?

Belle surprise que ce dénouement de la série Sherman ! J’ai retrouvé avec plaisir le personnage de Jeannie (mon préféré !), qui joue un rôle important dans la fin de l’intrigue ; mais la surprise fut ailleurs : dans la découverte de celui qui menaçait Jay Sherman. Un bon scénario et de beaux dessins, cela donne une bonne série qui tient en haleine le lecteur !

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