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Persepolis (#1) : the Story of a Childhood, de Marjane Satrapi – Pantheon, 2003.

Wise, funny, and heartbreaking, Persepolis is Marjane Satrapi’s memoir of growing up in Iran during the Islamic Revolution. In powerful black-and-white comic strip images, Satrapi tells the story of her life in Tehran from ages six to fourteen, years that saw the overthrow of the Shah’s regime, the triumph of the Islamic Revolution, and the devastating effects of war with Iraq. The intelligent and outspoken only child of committed Marxists and the great-granddaughter of one of Iran’s last emperors, Marjane bears witness to a childhood uniquely entwined with the history of her country. Persepolis paints an unforgettable portrait of daily life in Iran and of the bewildering contradictions between home life and public life. Marjane’s child’s-eye view of dethroned emperors, state-sanctioned whippings, and heroes of the revolution allows us to learn as she does the history of this fascinating country and of her own extraordinary family. Intensely personal, profoundly political, and wholly original, Persepolis is at once a story of growing up and a reminder of the human cost of war and political repression. It shows how we carry on, with laughter and tears, in the face of absurdity. And, finally, it introduces us to an irresistible little girl with whom we cannot help but fall in love.

Ce roman graphique, racontant l’enfance de l’auteur dans un Iran violent et instable, est saisissant, intense, magnifique, touchant, mais aussi instructif. L’Histoire en planches noires et blanches ! Cette petite Marji est incroyable et forte. J’ai très envie de découvrir la suite de cette vie singulière.

La survie de l’espèce, de Paul Jorion et Grégory Maklès – Futuropolis, 2012.

Si l’on en croit Paul Jorion, l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des seuls économistes ! Preuve en est faite avec « La Survie de l’espèce », un essai dessiné percutant, drôle, et pas complètement désespéré, mis en images par Grégory Maklès, connu jusqu’ici pour ses bandes dessinées de fantasy humoristique. En une succession de courts chapitre et d’analyses aussi pointues sur le fond, que délirantes dans la présentation, pimentées d’un brin de souvenirs personnels et d’un zeste d’actualité, Jorion brosse au vitriol un portrait érudit et rigolo de l’idéologie politique et de l’organisation de l’humanité actuelles, qui s’acheminent vers leur extinction naturelle, et il propose quelques idées pour l’éviter. Jouant des symboles connus de tous, Maklès vulgarise les écrits de Jorion, avec la volonté de faire sourire plutôt que de se laisser abattre. Cela commence avec le procès de monsieur x, trader et mercenaire zélé de la banque d’investissement Gloldman Sax, accusé d’avoir créé un produit financier à partir des créances les plus pourries du marché, qu’il a revendu sciemment à ses clients avant de parier sur l’effondrement de cette « camelote ». Pourquoi ? Parce que ces clients étaient faibles, et que le système dit M.A.F. (Mort Aux Faibles) ! Bien sûr, cela nous rappelle quelque chose… Comment a-t-on bien pu en arriver là ? C’est le postulat de départ des auteurs : comprendre. Alors, avec trois symboles simples (le Salarié, un petit jouet en plastique, le Patron, un général d’armée, et le Capital, un financier à haut de forme et gros cigare), Jorion et Maklès expliquent pourquoi et comment. Cyniquement, ironiquement et avec beaucoup d’humour (noir), ils décortiquent l’invention du travail, le partage des richesses, le management, la Bourse ou encore l’ultra libéralisme.

Très loin d’avoir apprécié les planches de cette bd et le sujet économique +++ ; le contenu est décrit avec un humour pinçant sur notre société actuelle et ses aberrations. Intéressant, mais parfois trop cynique pour moi.

 

La coloc, de Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior, 2015.

la_coloc

« Bon, la première chose que nous avons faite, quand nos parents ont tourné les talons, c’est de hurler – de joie, de soulagement. Nous étions tous les trois tendus – nous n’étions pas sûrs qu’ils iraient jusqu’au bout, nous étions convaincus qu’à un moment ou à un autre, ils allaient dire non, ce n’est pas possible, retourne à l’internat, reprends le bus, c’est une idée stupide, la colocation, à seize ans. » Quitter le cocon familial pour vivre en colocation: le rêve pour tout lycéen ! Pourtant, rien n’aurait pu a priori rapprocher Romain, Rémi et Maxime. Mais ce nouveau quotidien va bousculer leurs certitudes et les pousser à créer un improbable et détonnant trio…

Je ne compte plus les livres écrits par Jean-Philippe Blondel que j’ai lu. Et je ne vous redirai pas à nouveau ici tout le bien que je pense de cet auteur. Il est et reste l’un de mes auteurs français contemporains préférés, si ce n’est MON auteur préféré. La Coloc est un roman qui décrit  parfaitement l’adolescence, la quête d’identité et la recherche de l’indépendance. Les liens entre les personnages sont forts, touchants, et si réalistes. L’intrigue est relativement simple, mais, comme souvent chez cet auteur, très riche. On sent l’envie de rester optimiste quoi qu’il arrive ; les difficultés sont surmontées, les tensions avec les amis ou la famille s’apaisent, chaque jour permet de se construire (ou de se reconstruire), de devenir quelqu’un de bien (ou de meilleur) et cela toujours un peu grâce aux autres, à ceux qui croisent notre chemin. Encore un beau roman qui parle si bien de la vie. Merci Monsieur Blondel !

Autre romans déjà lus :
Double jeu
06H41
Brise glace
(Re)play!
G229
Le baby-sitter
Blog
Au rebond

Double jeu, de Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior, 2013.

blondel« Changer. C’est ce qu’ils veulent tous. Il faut que j’arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d’être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C’est ce que je voudrais, oui. À l’intérieur, je bous. J’aimerais être loin. Loin, genre à l’autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri. » Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams « La Ménagerie de verre ». Comme le personnage qu’il interprète, le garçon est tiraillé entre l’envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D’affronter. Les parents. Les profs. Les spectateurs. L’avenir.

Le dernier roman de Jean-Philippe Blondel que j’ai lu était 06H41, et j’avais été un peu déçue par cette lecture (et très surprise de l’être !). Pour ne pas rester sur une note (légèrement) négative, je devais lire un autre livre de cet auteur. Je viens donc de terminer Double jeu. Et le verdict est sans appel : me voici pleinement sous le charme de cet auteur, pour sa plume (comme toujours, je suis une inconditionnelle) et pour l’histoire (de nouveau !). Je suis très sensible à cette écriture précise et intimiste qui émane des romans de Jean-Philippe Blondel. J’ai adoré suivre l’évolution du personnage de Quentin dans une phase complexe de sa vie, avec ses doutes, ses hésitations, ses tourments, son courage et sa lâcheté, ses échecs et ses réussites… L’auteur nous dresse encore un portrait émouvant et très juste de l’adolescence. Les mots sont percutants et touchants, ils peignent une vérité et décrivent si bien cette étape importante de la vie. A lire absolument !

Le petit Gus, de Claudine Desmarteau – Albin Michel, 2010.

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 » Moi c’est Gus. En fait, je m’appelle Gustave, tout ça parce que les vieux prénoms moches étaient à la mode le jour où je suis né. J’aurais préféré m’appeler Brad, Bob ou même Brian, mais je suis bien obligé de me coltiner Gustave. Le prénom, c’est vraiment important, je trouve ça injuste qu’on n’ait pas le droit de choisir de s’appeler Brad alors qu’on sait que c’est précisément LE prénom qui vous va comme un gant.  » Ainsi commence le récit de Gus, 10 ans, qui n’a pas la langue dans sa poche. Tous en prennent pour leur grade : sa sœur qui ne jure que par Nirvana ; son frère qui se fait larguer par SMS et porte de ridicules pantalons slims ; les patrons, le réchauffement climatique… Autant de tranches de vies, découpées à même le quotidien, sur lesquelles il pose un regard acéré pais pourtant pas dénué de tendresse. Un hommage résolument moderne au Petit Nicolas de Sempé et Goscinny.

Un petit roman plein d’ironie et de tendresse, qui peint avec brio la société actuelle. On sourit et l’on rit souvent, les nombreux thèmes évoqués portent un regard critique, mais juste, du monde contemporain. Gus, c’est un petit Nicolas savoureux des temps modernes !

Les autres gens (#02), collectif sous la direction de Thomas Cadène – Dupuis, 2011.

Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissableinsoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.

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À partir d’une trame de soap-opera contemporain, Thomas Cadène a initié sur le web l’une des œuvres collectives les plus étonnantes du moment, en fédérant toute une génération de dessinateurs blogueurs. Avec sa narration feuilletonesque au croisement de la BD et du manga, sa totale liberté graphique et son rythme quotidien, le webfeuilleton « Les Autres gens » développe jour après jour une approche à la fois novatrice et très premier degré du medium BD. La série ose l’amour, les larmes et les drames petits et grands. Elle révèle aussi les meilleurs talents d’aujourd’hui, primés et honorés dans tous les festivals (Bastien Vivès, Nicolas Nemiri, Kris, Aseyn, Vincent Sorel, Thomas Cadène et tous les autres). Chaque jour un nouveau chapitre est mis en ligne, depuis le mois de mars 2010. L’équivalent pour la seule année 2010 de 1400 pages de BD, dont les qualités graphiques et scénaristiques ont été salué par une presse enthousiaste ! La diffusion web continue quotidiennement, et les albums « rediffusent » les épisodes, mois par mois, à la manière dont les séries tv connaissent une première diffusion sur des chaines câblées, puis sont repris sur les chaines généralistes.

 

La suite du #01… Toujours aussi captivant de suivre ces personnages, d’en découvrir d’autres. Toujours aussi troublant de passer d’un dessin à un autre (j’ai toujours mes préférés !). Il me faut le #03 !

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Nox (tome 1 Ici-bas), d’Yves Grevet – Syros, 2012.

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Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissableinsoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.


Dans une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque – la nox –, les hommes sont contraints de pédaler ou de marcher sans cesse pour produire leur lumière. Comme l’espérance de vie y est courte, la loi impose aux adolescents de se marier et d’avoir un enfant dès l’âge de dix-sept ans. Lucen a peur de perdre celle qu’il aime, la rebelle Firmie, qui refuse de se plier à la règle. Il sent aussi ses meilleurs amis s’éloigner de lui. L’un d’eux, Gerges, s’apprête à rejoindre la milice qui terrorise les habitants, un autre, Maurce, un groupe hors-la-loi. C’est l’heure pour Lucen de faire des choix qui détermineront toute son existence. Au même moment, dans des territoires épargnés par la nox, la jeune Ludmilla ne se résigne pas au départ forcé de Martha, la gouvernante qui l’a élevée, injustement renvoyée par son père. Elle décide de tout tenter pour la retrouver.

J’ai mis du temps à entrer dans ce premier tome, dont le rythme est souvent un peu lent. Les trois personnages principaux prennent alternativement la parole et la voix du « Je », ce qui est un peu déroutant au début, il me fallait parfois revenir en arrière pour être sûre de savoir qui « parlait ». Mais très vite, la plume de l’auteur nous permet de reconnaitre rapidement qui parle. Nox évoque certes une certaine opposition entre les riches et les pauvres, un thème déjà vu et lu ailleurs, mais la richesse des personnages et les choix qu’ils ont à faire, si jeunes dans cet univers si sombre, rend ce roman captivant. L’évocation de l’énergie, avec ces êtres humains condamnés à marcher ou pédaler pour produire de la lumière, semble étrangement nous emmener à la fois dans le passé et le futur. Ce monde imaginé par Yves Grevet est assez effrayant, mais peut-être pas si éloigné de notre monde actuel…

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