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Ikigami, tome 7, de Motorô Mase – Kazé éditions, 2010.

 

Quand les Services sociaux envoient une inspectrice évaluer le travail de Fujimoto, le jeune fonctionnaire sent soudain sur ses épaules le poids de la suspicion étatique. Difficile alors pour lui d’être d’un quelconque secours aux deux jeunes hommes qui reçoivent cette fois l’Ikigami. Pour accepter leur destin amputé, ils vont devoir trouver la paix dans leur passion, face au regard des autres et malgré le temps qui passe trop vite… Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ?

Je reprends cette série Ikigami après l’avoir « abandonné » au tome 6 en 2010… Les évènements sont toujours un peu redondants malheureusement, et l’intrigue principale avance bien trop lentement. Cependant, le thème du regret, largement abordé dans ce tome 7, est bien traité, et les deux personnages qui reçoivent le fameux ikigami sont touchants. J’irai peut-être au bout de cette série. Encore trois tomes…

 

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Point cardinal, de Léonor de Récondo – Sabine Wespieser Editeur, août 2017.

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture. Il s’apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s’est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu’ils ont bâti ensemble. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il est une femme. Reste à convaincre ceux qu’il aime de l’accepter. La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides et d’une poignante justesse, elle trace le difficile parcours d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière. Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

J’attendais avec impatience la parution du dernier roman de Léonor de Récondo. J’ai découvert cette auteur avec Amours, une révélation. J’ai lu il y a peu Pietra viva, une petite déception. Mais voilà, avec Point cardinal, Léonor de Récondo fait sa grande entrée dans MES auteurs préférés, ceux dont je suis toutes les parutions, ceux dont je veux tout lire. Après seulement trois romans. Et donc deux gros coups de coeur. Car oui, Point cardinal est un coup de coeur. Tout comme Amours, il m’est assez difficile d’en parler ; je sais d’avance que mes mots ne seront jamais à la hauteur de ce que j’ai ressenti pendant cette lecture. L’écriture est tellement parfaite et pleine de finesse. Les mots sont si délicats, justes, tous posés au bon endroit, au bon moment. Il n’y a rien de trop, ni rien qui manque, c’est un dosage parfait, minutieux. L’histoire de Laurent et sa famille est très émouvante, forte, et tellement pleine d’humanité. J’ai quitté tous ses personnages avec regret. Un très beau roman. Un grand merci à vous, Léonor de Récondo.

Vernon Subutex 1, de Virginie Despentes – Grasset, 2015.

QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

J’attendais tellement de cette lecture que j’en suis malheureusement un peu déçue. Lecture trop tardive gage de critique négative… Un peu oui… Entrée vite dans ce roman, séduite par cette belle et riche galerie de portraits, mon emballement s’est vite essoufflé. En fermant ce livre, je pensais m’arrêter à ce premier tome. Mais la curiosité est là ; lire la suite, pour découvrir d’autres portraits ? Pour découvrir ce qui est enregistré sur ces fameuses cassettes ? J’hésite, j’hésite !

Persepolis (#1) : the Story of a Childhood, de Marjane Satrapi – Pantheon, 2003.

Wise, funny, and heartbreaking, Persepolis is Marjane Satrapi’s memoir of growing up in Iran during the Islamic Revolution. In powerful black-and-white comic strip images, Satrapi tells the story of her life in Tehran from ages six to fourteen, years that saw the overthrow of the Shah’s regime, the triumph of the Islamic Revolution, and the devastating effects of war with Iraq. The intelligent and outspoken only child of committed Marxists and the great-granddaughter of one of Iran’s last emperors, Marjane bears witness to a childhood uniquely entwined with the history of her country. Persepolis paints an unforgettable portrait of daily life in Iran and of the bewildering contradictions between home life and public life. Marjane’s child’s-eye view of dethroned emperors, state-sanctioned whippings, and heroes of the revolution allows us to learn as she does the history of this fascinating country and of her own extraordinary family. Intensely personal, profoundly political, and wholly original, Persepolis is at once a story of growing up and a reminder of the human cost of war and political repression. It shows how we carry on, with laughter and tears, in the face of absurdity. And, finally, it introduces us to an irresistible little girl with whom we cannot help but fall in love.

Ce roman graphique, racontant l’enfance de l’auteur dans un Iran violent et instable, est saisissant, intense, magnifique, touchant, mais aussi instructif. L’Histoire en planches noires et blanches ! Cette petite Marji est incroyable et forte. J’ai très envie de découvrir la suite de cette vie singulière.

La survie de l’espèce, de Paul Jorion et Grégory Maklès – Futuropolis, 2012.

Si l’on en croit Paul Jorion, l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des seuls économistes ! Preuve en est faite avec « La Survie de l’espèce », un essai dessiné percutant, drôle, et pas complètement désespéré, mis en images par Grégory Maklès, connu jusqu’ici pour ses bandes dessinées de fantasy humoristique. En une succession de courts chapitre et d’analyses aussi pointues sur le fond, que délirantes dans la présentation, pimentées d’un brin de souvenirs personnels et d’un zeste d’actualité, Jorion brosse au vitriol un portrait érudit et rigolo de l’idéologie politique et de l’organisation de l’humanité actuelles, qui s’acheminent vers leur extinction naturelle, et il propose quelques idées pour l’éviter. Jouant des symboles connus de tous, Maklès vulgarise les écrits de Jorion, avec la volonté de faire sourire plutôt que de se laisser abattre. Cela commence avec le procès de monsieur x, trader et mercenaire zélé de la banque d’investissement Gloldman Sax, accusé d’avoir créé un produit financier à partir des créances les plus pourries du marché, qu’il a revendu sciemment à ses clients avant de parier sur l’effondrement de cette « camelote ». Pourquoi ? Parce que ces clients étaient faibles, et que le système dit M.A.F. (Mort Aux Faibles) ! Bien sûr, cela nous rappelle quelque chose… Comment a-t-on bien pu en arriver là ? C’est le postulat de départ des auteurs : comprendre. Alors, avec trois symboles simples (le Salarié, un petit jouet en plastique, le Patron, un général d’armée, et le Capital, un financier à haut de forme et gros cigare), Jorion et Maklès expliquent pourquoi et comment. Cyniquement, ironiquement et avec beaucoup d’humour (noir), ils décortiquent l’invention du travail, le partage des richesses, le management, la Bourse ou encore l’ultra libéralisme.

Très loin d’avoir apprécié les planches de cette bd et le sujet économique +++ ; le contenu est décrit avec un humour pinçant sur notre société actuelle et ses aberrations. Intéressant, mais parfois trop cynique pour moi.

 

La coloc, de Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior, 2015.

la_coloc

« Bon, la première chose que nous avons faite, quand nos parents ont tourné les talons, c’est de hurler – de joie, de soulagement. Nous étions tous les trois tendus – nous n’étions pas sûrs qu’ils iraient jusqu’au bout, nous étions convaincus qu’à un moment ou à un autre, ils allaient dire non, ce n’est pas possible, retourne à l’internat, reprends le bus, c’est une idée stupide, la colocation, à seize ans. » Quitter le cocon familial pour vivre en colocation: le rêve pour tout lycéen ! Pourtant, rien n’aurait pu a priori rapprocher Romain, Rémi et Maxime. Mais ce nouveau quotidien va bousculer leurs certitudes et les pousser à créer un improbable et détonnant trio…

Je ne compte plus les livres écrits par Jean-Philippe Blondel que j’ai lu. Et je ne vous redirai pas à nouveau ici tout le bien que je pense de cet auteur. Il est et reste l’un de mes auteurs français contemporains préférés, si ce n’est MON auteur préféré. La Coloc est un roman qui décrit  parfaitement l’adolescence, la quête d’identité et la recherche de l’indépendance. Les liens entre les personnages sont forts, touchants, et si réalistes. L’intrigue est relativement simple, mais, comme souvent chez cet auteur, très riche. On sent l’envie de rester optimiste quoi qu’il arrive ; les difficultés sont surmontées, les tensions avec les amis ou la famille s’apaisent, chaque jour permet de se construire (ou de se reconstruire), de devenir quelqu’un de bien (ou de meilleur) et cela toujours un peu grâce aux autres, à ceux qui croisent notre chemin. Encore un beau roman qui parle si bien de la vie. Merci Monsieur Blondel !

Autre romans déjà lus :
Double jeu
06H41
Brise glace
(Re)play!
G229
Le baby-sitter
Blog
Au rebond

Double jeu, de Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior, 2013.

blondel« Changer. C’est ce qu’ils veulent tous. Il faut que j’arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d’être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C’est ce que je voudrais, oui. À l’intérieur, je bous. J’aimerais être loin. Loin, genre à l’autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri. » Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams « La Ménagerie de verre ». Comme le personnage qu’il interprète, le garçon est tiraillé entre l’envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D’affronter. Les parents. Les profs. Les spectateurs. L’avenir.

Le dernier roman de Jean-Philippe Blondel que j’ai lu était 06H41, et j’avais été un peu déçue par cette lecture (et très surprise de l’être !). Pour ne pas rester sur une note (légèrement) négative, je devais lire un autre livre de cet auteur. Je viens donc de terminer Double jeu. Et le verdict est sans appel : me voici pleinement sous le charme de cet auteur, pour sa plume (comme toujours, je suis une inconditionnelle) et pour l’histoire (de nouveau !). Je suis très sensible à cette écriture précise et intimiste qui émane des romans de Jean-Philippe Blondel. J’ai adoré suivre l’évolution du personnage de Quentin dans une phase complexe de sa vie, avec ses doutes, ses hésitations, ses tourments, son courage et sa lâcheté, ses échecs et ses réussites… L’auteur nous dresse encore un portrait émouvant et très juste de l’adolescence. Les mots sont percutants et touchants, ils peignent une vérité et décrivent si bien cette étape importante de la vie. A lire absolument !

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