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L’étrangère, de Valérie Toranian – Flammarion, 2015.

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« Elle tricote. Je sors mon carnet. – Raconte-moi précisément ce qui s’est passé dans les convois… – Plus tard… Je rêve de recueillir cette histoire qui est aussi la mienne et elle s’y oppose comme une gamine butée. – Quand plus tard ? – Quand tu auras eu ton bébé. » Aravni garde farouchement le silence sur son passé. Sa petite-fille, Valérie, aimerait pourtant qu’elle lui raconte son histoire, l’Arménie, Alep, Constantinople et Marseille. Dans ce récit qui traverse le siècle, elle écrit le roman de la vie, ou plutôt des vies d’Aravni : de la toute jeune fille fuyant le génocide arménien en 1915 jusqu’à la grand-mère aussi aimante qu’intransigeante qu’elle est devenue, elle donne à son existence percutée par l’Histoire une dimension universelle et rend hommage à cette grand-mère « étrangère » de la plus belle façon qui soit.

Une écriture forte et courageuse pour évoquer un moment tragique de l’Histoire.
Un très bel hommage d’une femme à sa grand-mère.
Une lecture bouleversante.
Une alternance habile des chapitres entre le passé d’Aravni et son présent.

Livre lu dans le cadre de la Bibliothèque Orange 2016. Ma note : 3/5.

Enceinte ! : C’est pas une mince affaire, de Mademoiselle Caroline – City Editions, 2010.

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Etre enceinte, ce n’est vraiment pas une mince affaire ! Avec tendresse, cynisme et humour, Mademoiselle Caroline croque dans cette bande dessinée les neuf mois de grossesse que vivent toutes les femmes attendant un heureux événement. Un épanouissement ? Pas sûr… Cela ressemblerait plutôt une longue (très longue) maladie : les nausées, les envies pressantes à tout bout de champ, la sensation d’être une grosse vache qui se traîne. Etre enceinte, c’est aussi ne plus pouvoir boire de vin, manger de fromage, de charcuterie, de sushis, ne plus avoir le droit de caresser un chat ou un chien, etc.

Une bande dessinée légère sur les neuf mois de grossesse, avec une petite touche d’humour. J’aime beaucoup les dessins de Mademoiselle Caroline.

 

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Vous n’aurez pas ma haine, d’Antoine Leiris- Fayard, mars 2016.

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Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume. À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant. Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n’aurez pas ma haine est son premier livre.

Un petit récit rempli d’amour dont je savais pertinemment que sa lecture allait me toucher, me bouleverser, me secouer… Un petit récit si complexe par son contexte et son contenu qu’il m’est impossible d’en écrire un avis. Les mots ne suffiraient pas. Il faut chercher ailleurs. Encore. Et ne pas oublier.

Le voyant, de Jérôme Garcin – Gallimard, 2015.

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Le visage en sang, Jacques hurle: « Mes yeux! Où sont mes yeux? » Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d’azur, de lilas et de muguet, il entre dans l’obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs. Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient «The Blind Hero of the French Resistance». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans. Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

Je ne connaissais pas du tout ce grand homme que fut Jacques Lusseyran. Ce livre m’aura permis d’en apprendre beaucoup sur lui et sur sa vie, riche, dure, et si touchante. Un homme fort, avec sa part d’ombre, mais dont le courage est impressionnant. Une belle et émouvante leçon de vie ! Petits bémols : l’écriture trop pompeuse de l’auteur, et le sentiment que ce dernier transpose dans son livre plus l’image de son père idolatré que celle de ce réel héros de notre Histoire.

Livre lu dans le cadre de la Bibliothèque Orange 2016. Ma note : 3/5.

Morceau choisi

« Ainsi donc, du camp de Buchenwald, un homme sans regard, si maigre qu’il semble flotter dans sa tenue rayée et puis s’y noyer, a pu écrire :  » J’ai appris ici à aimer la vie. » Même si l’on en comprends le sens – il a appris ici à refuser de mourir, à se battre pour survivre -, cette phrase n’a pas d’équivalent dans toute la littérature concentrationnaire. Elle explose, comme une bombe, à la tête de tous les bourreaux. Elle les tue. » (p.108)

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils, de Jacques Expert – Le Livre de Poche, 2011.

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Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine durant des mois, il en vient à découvrir qui est le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin, et son épouse-, se joue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir?

J’ai découvert Jacques Expert avec Adieu, dont il me reste un bilan de lecture mitigé. J’ai bien plus apprécié ce roman. J’ai adoré cette narration à quatre voix : parfaite, précise, très harmonieuse (le passage d’un narrateur à l’autre m’a rarement paru si doux), bref, elle apporte beaucoup à l’intrigue. Le scénario est très bien ficelé. J’ai dévoré ce livre rapidement. Le dénouement est très bon aussi. Ouvert, certes, mais c’est ce qui le rend efficace je trouve. Je me suis énormément attachée aux deux personnages féminins : Sylvia, bouleversante et forte ; Christine, dont j’admire le courage de rester vivre aux côtés d’une ordure pareil, mais que j’ai trouvé un peu lâche à la fin. Les deux hommes sont des personnages assez riches également, mais ce Jean-Pierre est vraiment le genre de personnage odieux que l’on déteste et qui dégoute du début à la fin. Un bon petit polar français, à lire absolument !

Deux petits pas sur le sable mouillé, de Anne-Dauphine Julliand – Pocket, 2013.

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L’histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa petite fille marche d’un pas un peu hésitant, son pied pointant vers l’extérieur. Après une série d’examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d’une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Alors l’auteur fait une promesse à sa fille : « Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour « . Ce livre raconte l’histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu’un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie.

Ce livre est une claque. Un choc comme je n’en ai jamais eu en lisant un livre. C’est un témoignage poignant, vraiment difficile à lire parfois, le témoignage d’une mère qui nous parle de la maladie de ses filles, Thaïs et Azylis. Elle nous dévoile ce combat mené contre la maladie avec toutes les douloureuses épreuves que la famille a dû traverser. Ce livre est triste, bouleversant, violent… mais ce que l’on ressent en le lisant n’est rien comparé à tout ce qu’a vécu cette famille. Je me demande encore comment ils ont pu tenir le coup. Un livre qui secoue beaucoup…

L’homme qui m’aimait tout bas

L’homme qui m’aimait tout bas, d’Éric Fottorino  – Gallimard, 2009.

Présentation de l’éditeur : Mon père s’est tué d’une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J’ai calculé qu’il m’avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m’a donné son nom, m’a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait  » à l’ancienne « , ne s’exprimait qu’avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l’instant ultime où s’affirma sa liberté, sans explication.  » Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil « , écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.

Mon avis : un bel hommage de l’auteur à son père, mais je me suis trop souvent ennuyée. L’évocation de ses souvenirs familiaux et autres anecdotes, plus ou moins ordinaires et souvent inintéressants, ne m’ont pas vraiment touchée ou émue ; c’est comme si je ne voulais pas « rentrer » dans leur vie, ou, si ce n’est pas une question de volonté, on ne m’en a pas donné les clefs. Là où j’ai le plus décroché, c’est à la lecture des nombreuses citations des romans précédents de l’auteur ; je comprends très bien le besoin de vouloir retrouver ce père perdu dans les lignes autrefois écrites, mais ce fut hélas bien pénible à lire. Et puis, dès le départ, ce livre était comme une erreur de « casting » pour moi. Je ne comprends toujours pas pourquoi ni comment, mais je croyais que ce livre était l’hommage d’une femme à son père défunt. C’est, avec le titre, ce qui m’avait donné envie de le lire…

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