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Pietra viva, de Léonor de Récondo – Points, collection Grands romans, 2015.

Michelangelo s’est réfugié dans les carrières de Carrare. Loin de Rome et du corps mort d’Andrea, moine dont la beauté le fascinait. En ce printemps 1505, le célèbre artiste doit choisir les marbres du futur tombeau du pape. Arrogant et tourmenté, il s’étourdit de travail. Au fil des jours et des rencontres, le sculpteur comprend que toutes les réponses ne se trouvent pas au cœur de la pierre…

J’ai retrouvé avec un immense plaisir la belle plume de Léonor de Réconda. Quel bonheur de lire cet auteur que j’ai découvert avec Amours (énorme coup de coeur). Cependant, j’ai été bien moins passionnée par l’intrigue de ce roman. Je n’arrivais pas à me convaincre que je lisais un roman et non une biographie de Michelangelo, et cela m’a profondément gêné pour apprécier pleinement cette lecture.

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L’orangeraie, de Larry Tremblay – La Table Ronde, 2015.

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«Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.» Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Conte moral, fable politique, L’Orangeraie est un roman où la tension ne se relâche jamais. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

Une lecture violente, dure, parfois insoutenable, qui étourdit, secoue, bouscule. L’écriture, sobre et délicate, parfois même poétique, contraste tant avec l’intrigue que cela en est déroutant. Je me demande encore comment j’ai pu aller au bout de ce roman… Accepter de lire l’inacceptable. Je crois que les mots m’ont porté, m’ont soutenu et aidé à supporter une telle violence. Un roman puissant et émouvant d’où émerge beaucoup de questionnements. Une histoire effrayante que je ne suis pas prête d’oublier. A lire absolument !

Livre lu dans le cadre de la Bibliothèque Orange 2016. Ma note : 4/5.

Un endroit où se cacher, de Joyce Carol Oates- Albin Michel, collection Wiz, 2010.

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Avant, j’étais une fille normale, j’avais une vie normale. Après, il y a eu l’accident. En me réveillant, j’ai tout vu en bleu. J’étais dans le coton. Un monde douillet et bleu. Mais maintenant, le bleu s’efface, le douillet s’envole. Et je suis seule à nouveau. En colère. Contre moi. Contre l’univers tout entier. Je cherche un endroit où me cacher.

Jamais vraiment entrée dans cette histoire, je garderai peu de souvenirs de cette lecture, juste un petit nuage (bleu), un peu invisible, parfois transparent, comme un roman moyennement bien écrit, avec des personnages peu attachants, une intrigue au sujet intéressant mais dont le traitement ne m’a pas du tout séduite. Dommage.

Avant toi, de Jojo Moyes – Milady, 2013.

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Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Ce livre est certes une romance, mais il parle aussi bien, très bien, du handicap. Ce thème est abordé selon plusieurs points de vue : celui de Will, jeune tétraplégique ; celui de sa famille et ses amis ; et celui du corps médical, plus particulièrement Lou et Nathan, qui s’occupent de lui quotidiennement. On s’attend assez vite (et c’est ma petite déception) à ce qu’il se passe quelque chose entre Lou et Will, leur rapprochement inéluctable ira de l’amitié à des sentiments plus profonds. Puis l’histoire va très loin pour aboutir au lourd sujet de l’aide au suicide. Une romance, mais une romance tout de même bouleversante grâce aux lourds sujets évoqués.

Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal – Folio, 2014.

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« Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ». « Réparer les vivants » est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Lire ce roman fut pour moi très pénible. L’intrigue et le sujet sont servis par une écriture si difficile à lire, avec ces phrases longues, si longues (jusqu’à une page entière tout de même), que j’ai eu la désagréable impression de lire ce roman à bout de souffle, comme si je manquais d’air ; arrivé au point final de la phase, parfois on ne sait plus comment elle a commencé. Et à force de devoir supporter ces longueurs, ces descriptions à n’en plus finir, l’intérêt pour l’intrigue finit par s’effilocher, on s’éloigne du sujet principal. Et c’est bien dommage. On ressent parfois une certaine émotion. Mais le trop plein de descriptions médicales et techniques atténue cette émotivité. Encore un livre dont je ne comprends pas le succès…

Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de J. K. Rowling – Folio junior, 2007.

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À quinze ans, Harry entre en cinquième année à Poudlard mais il n’a jamais été aussi anxieux. L’adolescence, la perspective des examens et ces étranges cauchemars… Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour. Le ministère de la Magie ne semble pas prendre cette menace au sérieux, contrairement à Dumbledore, le directeur du collège de Poudlard. La résistance s’organise alors autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours…

De tous les tomes lus jusqu’à maintenant, c’est le premier que j’ai eu un peu de mal à lire. Et ce n’est pas à cause de son grand nombre de pages (1031 !). J’ai trouvé que ce tome manquait parfois de rythme, qu’il y avait certains passages un peu lents, un peu longs. Et par opposition, je trouve que la mort de Sirius est trop rapidement traitée, presque bâclée. De plus, avec ce cinquième tome de la saga, on entre pleinement dans l’adolescence ; et les réactions de Ron, Harry ou encore Hermione sont parfois agaçantes. Mais c’est un tome riche, sombre, instructif. Je ne me plains pas ici des nombreux détails, car ils nous permettent d’apprendre tant de choses, sur certains personnages (notamment Rogue et Voldemort), sur l’histoire de Poudlard, sur le Ministère de la Magie.

Charlotte, de David Foenkinos – Gallimard, 2013.

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Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant: « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

En choisissant une forme originale d’écriture (une phrase courte par ligne), l’auteur a cru faire oublier au lecteur la pauvreté du fond. Car au final, Foenkinos n’a pas écrit grand-chose. Ni en quantité. Ni en qualité. L’idée de parler de Charlotte Salomon était très bonne, encore eut-il fallu parler réellement de sa peinture et de son oeuvre. L’auteur évoque souvent son émotion trop forte pour justifier le style d’écriture utilisé dans ce roman ; je trouve malheureusement que l’émotion fait cruellement défaut par son absence. Foenkinos de donne rien, n’explique rien. Et les nombreuses mentions de ses recherches n’apportent aucun intérêt au roman. Mais la courte vie de Charlotte Salomon étant ce qu’elle fût, je suis allée au bout de ce roman. Le livre est émouvant, certes, mais il le doit plus au sujet abordé qu’à la plume de l’auteur. Mon premier Foenkinos… Une première rencontre qui ne me donne pas vraiment envie de relire cet auteur dans l’immédiat.

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